Gazés et tabassés le premier mai en Turquie
La ville d'Istanbul est fermée aujourd'hui, les routes sont bloquées et des hélicoptères surveillent depuis tôt ce matin. Est-ce qu'une nouvelle guerre fait rage ? On filme un blockbuster Hollywoodien ?
Non. En réalité il s’agit d’une manifestation paisible des syndicats qui a moblisé chaque policier de la ville et mis l’état en alerte !
Des milliers de syndicalistes sont rassemblés autour des trois centres nationaux (Turc-Est, le DISQUE, KESK,) pour marcher jusqu’à la place Taksim pour une manifestation tranquille.
Cependant, quand ils ont atteint les bureaux des syndicats, une barrière de police les a immobilisés. Les gens sont bloqués dans chacun des trois bâtiments (environ 200 dans chaque) tandis qu’à l'extérieur environ 2 000 protestataires se retrouvent attaqués, tabassés et emmenés vers les prisons.
Adriana Rosenzvaig de l'UNI a pris le chemin d’Istanbul pour rencontrer des syndicats affiliés et pour se joindre par solidarité à leur cortège ce premier jour de mai. Elle est actuellement coincée dans un des bâtiments des centres nationaux et témoigne de l’extrême violence extrême des forces de police.
La police a commencé par utiliser des canons à eau pour repousser les manifestants à l’intérieur des bâtiments, mais comme la tension a monté, elle utilise maintenant des gaz lacrymogènes contre tout ceux qui se trouvent à l’intérieur ou à l’extérieur des immeubles.
« Le gouvernement attaque le droit à la négociation organisée et collective » - estime Adriana Rosenzvaig lors d'un appel téléphonique bruyant et avec une voix cassée par les gaz.
La Turquie s'oppose à tous les rassemblements publics et clairement préfère blesser des citoyens plutôt que de permettre aux syndicalistes de s'unir paisiblement sur la place Taksim en ce premier mai 2008.
Traduction de cette page mise en ligne le 1er mai 2008 au matin.